Baltus le Lorrain: 3 lectures

Baltus le Lorrain

2012 : je viens de télécharger & de lire « Baltus le Lorrain » sur ma liseuse électronique. 86 ans nous séparent depuis sa parution. Le contraste est, pour moi, saisissant entre le contenu du livre & le support de lecture !

Une belle région, la Lorraine, devenue province allemande pendant de nombreuses années mais peuplée de cœurs français. Cependant ses habitants, ne semblent ni tout à fait français pour les français et ni allemands pour les allemands. Un grand dilemme & un grand isolement pour eux au cœur de ces belles montagnes. Malgré cela, pourtant, un patriotisme français inébranlable est ancré chez Baltus & sa famille.

Au détour d’un chapitre, soudainement, je découvre la ligne bleue des Vosges ! Sa description en est magnifique ; j’y suis réellement, cruellement. Orane est partie, avec son père, chercher désespérement des nouvelles du frère porté disparu en 1917. Sa mère devient folle et se meurt de ne pas savoir. Mais obtenir des réponses au sujet d’un jeune portant l’uniforme allemand, s’avère vain et douloureux.

Malgré tout, l’énergie de ces Lorrains reste intacte et la vie doit continuer avec des bonheurs simples. Orane va se fiancer mais la mère n’aura pas la force de l’accompagner jusqu’au jour de son mariage. Baltus et son école devront s’adapter aux règles de l’éducation nationale française ; à moins que celà ne soit l’inverse …

Baltus est, aujourd’hui toujours présent en Lorraine pour de nombreux jeunes qui ignorent certainement qui il est mais qui vont toutes les semaines, s’entraîner à Creutzwald, dans la salle des sports « Baltus le Lorrain » inaugurée en l’an 2000.

Quel bel hommage !

Agnès Chevillotte,  juillet 2012

RENE  BAZIN

De l’occupation étrangère à la guerre scolaire,

Une famille de lorrains dans la tourmente

Titre original

Baltus le lorrain

On ne présente pas René Bazin. L’écrivain catholique, né
à Angers le 26 décembre 1853, est mort le 20 juillet 1932, son évêque s’exclamant lors de son service funèbre : «qui ne voudrait avoir vécu, qui ne voudrait mourir comme lui ? »

L’œuvre de Bazin est d’abord un chant d’amour. Il a, pour les âmes, surtout les âmes jeunes et les cœurs neufs, une dilection particulière. Dans Baltus le Lorrain, une humble ménagère dit à son mari : « Je donnerais mon dernier sou pour que les petites aient toute leur âme ». Mais quand c’est l’État qui veut imposer son laïcisme dogmatique aux écoles chrétiennes ? Le romancier n’hésite pas à fustiger celle ingérence intolérable : « Nous sommes, écrit-il, supérieurs à tout ce qu’on veut faire de nous, dans toutes les écoles, sauf dans l’Eglise catholique, où nous sommes enfants de Dieu, nés pour Lui ».

C’est le sujet de Battus le Lorrain – que, pour plus de compréhension, nous avons renommé : De l’occupation étrangère à la guerre scolaire, une famille de lorrains dans la tourmente. C’est l’histoire d’une famille, celle des trois frères Baltus, le prêtre, le cultivateur, et Jacques l’instituteur, sa pauvre femme, qui « espère » encore le retour du fils Nicolas, le disparu ; C’est le drame poignant de ces français enrôlés de force dans les années prussiennes, les « malgré nous » ; mais surtout, c’est le récit, dramatique, de la lutte qui dresse, contre la tentative de laïcisation de l’école, en Lorraine comme en Alsace, ces deux provinces retournées à la France grâce à la victoire de 1918, la population restée foncièrement catholique – et française, malgré quarante années d’occupation pan-germaniste. Au vieil instituteur, une pauvre femme vient dire : « Monsieur Baltus, faut nous aider / Ne faut pas livrer les âmes ! » On sait comment cette levée de boucliers fit reculer le gouvernement, et aboutit à un concordat toujours en vigueur de nos jours. Selon cet adage, toujours vrai, que la force des mauvais vient de la faiblesse des bons,

Ce livre n’a pas vieilli, Par le style, par les thèmes évoqués et le dénouement du double drame – celui familial, celui scolaire – par la finesse des sentiments et la solidité des principes, c’est du grand Bazin. Il nous a paru utile de le sortir de l’oubli et de le proposer à notre jeune génération. Car elle n’a pas connu la guerre, mais elle n’a pas non plus nécessairement la connaissance de cette réalité – pourtant plus actuelle que jamais – appelée la guerre scolaire : cette pression formidable et multiforme, financière, administrative, et surtout idéologique, exercée par L’Etat à l’encontre des écoles libres.

NOTE DE LA NOUVELLE ÉDITION

 Ste Philomène / 1er Trimestre 2012

BALTUS  LE  LORRAIN

  René Bazin  1924

Ecrit en 1924, 20 ans après la parution du célèbre roman « Les Oberlé » qui se passe en Alsace,  ce livre est un autre roman historique de la « patrie blessée ». Cette fois, il se déroule en Lorraine, cette belle et fière province, retournée à la France après la victoire de 1918, après 40 années d’occupation prussienne.

C’est l’histoire d’une lignée, d’une famille de 3 frères, solidement implantée sur place depuis des générations…Malgré leur vie quotidienne bien différente, l’un est agriculteur, propriétaire du domaine, le second est prêtre et le troisième est instituteur, les 3 frères Baltus sont animés par le même esprit de famille, et par leur profond attachement à leur région…Ils témoignent, au quotidien, et chacun à sa façon avec beaucoup de finesse de sentiments,, de leur fierté patriotique d’être Français.

Le drame du roman se noue autour de Jacques l’instituteur. Maître d’école, reconnu, estimé et respecté, il est confronté au problème de la liberté de l’école (et à celui de la liberté de conscience tout court…) ; liberté maintenue en  Alsace / Lorraine, depuis 1 siècle avec la loi concordataire, risquant d’être remise en cause par la loi française sur la laïcité de 1905…In fine, le concordat sera maintenu dans ces 2 provinces,  grâce à la détermination, ferme et tranquille, des alsaciens/lorrains.

La femme de Jacques Baltus espère encore, après 8 années de cruelle absence,  le retour de son fils Nicolas, porté disparu pendant la guerre de 14-18…C’est un « malgré-nous », c’est-à-dire un enrôlé de force dans les armées prussiennes, face aux soldats Français.  Sa mère, qu’on appelle « Marie-aux-pains », en est devenue folle : elle dépose, ici et là dans la forêt voisine, des miches de pain pour le soldat perdu…

Dieu merci, Orane, la fille de Jacques et Marie, est animée par la même foi et la même fierté lorraine que ses parents…Son projet de fiançailles se concrétise et la continuité du domaine familial des Baltus est alors assurée.

Les Amis de René Bazin,

Jacques Richou, le 14 décembre 2012

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